Je ne joins jamais l’utile à l’agréable. Je ne garde que l’agréable. Et tout devient utile.

– Aymeric Mahieu

Ce proverbe m’est venu spontanément. Je le trouve à la fois amusant et ouvert sur de larges perspectives d’exploration, aussi, je voudrais partager avec vous trois interprétations possibles :

1. Ne faire que ce qu’il me plaît ? Oui, mais …

Du point de vue de la société de consommation et de compétition, il est tentant de ne vouloir faire que ce qu’il nous plaît.
De la même façon, il est tentant de vouloir apprendre la musique en ne faisant que ce qui nous plaît. Malheureusement cela fonctionne rarement, car on oublie généralement un petit détail :

Une vie à dire non ? Que c’est fatigant !
Passer sa vie à chasser d’un revers de main toute fausse note est non seulement épuisant, mais n’apporte que de l’insatisfaction et de l’aigreur.

Nombreux sont ceux qui expérimentent chaque jour l’apprentissage de la musique dans cet état d’esprit. Résultat : la plupart du temps une grande déception, et souvent un dégoût, voire une expérience traumatisante et l’éloignement quasi définitif de la musique.

2. S’efforcer de vivre agréablement ce qui ne nous plaît pas, voeu pieux ou péché d’orgueil ?

Faire un effort pour que les choses soient agréables et sans fausse note. N’y a-t-il pas là une contradiction ?
Peut-on vraiment décider, rien que par la volonté, que quelque chose soit agréable ?
Dans la plupart des cas, cela paraît impossible.

Alors, en attendant que nous soyons des surhommes-augmentés capables de trier nos émotions sur le volet, comment s’harmoniser avec ce qui nous arrive et qui ne nous plaît pas ?

Nous avons tous vécu des conversations où nous énumérons les petites choses de notre vie qui ne nous conviennent pas vraiment.
Le plus souvent, ces conversations se terminent par : « Oh, malgré tout, on a une belle vie ».

Ce « malgré tout » est une marche funèbre à lui tout seul.
Pourquoi ne nous autoriserions-nous pas à écouter les fausses notes ? Ne sommes-nous pas, avec ce « malgré tout », en train de nous soumettre à une injonction de réussir ? Ne sommes-nous pas à ce moment-là prisonniers de nos conditionnements ?

Ce que nous percevons de notre musique ne correspond pas toujours à ce que nous voudrions entendre. Mais rappelons-nous l’essentiel :

Or, ce que nous sommes ne nous plaît pas toujours. Nous aimerions être tellement mieux. Tellement plus. Alors on se rassure : « C’est pas mal ma musique, il y a eu quelques erreurs mais c’est normal, personne n’est parfait. »

En réalité, au fond de nous, nous pensons : « Elles m’énervent ces fausses notes, et en plus je ne me donne pas les moyens d’y arriver, c’est de ma faute, il faudrait que je travaille plus. »

Ne restez pas enfermés dans ce carcan. Votre musique est un trésor, beaucoup plus précieux que vous ne croyez. Et vous pouvez y accéder maintenant, facilement.

3. Qu’importe, vivons !

L’École de la Fausse Note en Bretagne vous propose une piste d’exploration créative. Apportez vos notes, toutes vos notes, si disparates soient-elles.
Et apprenez à les rassembler pour en faire une musique vivante, unique et passionnante.

« Je ne garde que l’agréable, et tout devient utile » pourrait alors devenir : « Je fais ce que j’ai à faire, en confiance, et je joue sans attente. »

Savourez vos nuances.
Osez vos désirs.
Suivez vos intuitions.
Et accordez-vous ces instants pour toucher du doigt la nature essentielle de la musique.

La musique et la vie sont généreuses par nature.

Il n’est pas impossible que vous découvriez votre musique intérieure.
Et il n’est pas impossible qu’elle vous surprenne par sa beauté.